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Les bons réflexes

Les actions de l’État pour la propreté des autoroutes et routes nationales en Île-de-France

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publié le 4 novembre 2019 (modifié le 5 novembre 2019)

Les déchets sur les autoroutes et routes nationales franciliennes : une situation préoccupante due aux incivilités croissantes

de déchets ramassés chaque année par la DiRIF en grand format (nouvelle fenêtre)
de déchets ramassés chaque année par la DiRIF

Depuis plusieurs années, les incivilités se développent sur le réseau routier national non concédé francilien, se traduisant par l’amoncellement de déchets sur les routes et à leurs abords (bandes d’arrêts d’urgence, voies réservées aux secours et service, espaces laissés libres sous les ouvrages pour leur entretien).Ainsi ce sont pas moins de 20 000 tonnes de déchets qui sont ramassées chaque année sur les autoroutes et routes nationales en Île-de-France. Cela représente environ 1800 camions-bennes à ordures ménagères.

Par comparaison, c’est 14 fois plus par kilomètre de route que sur l’ensemble des autres autoroutes en France (réseaux concédés).

Nombre de tonnes de déchets ramassés par an et par km de route géré

D’où proviennent les déchets sur les autoroutes et routes nationales ?
 
Ces déchets proviennent :
 
- de l’incivilité de personnes et professionnels peu scrupuleux qui déposent leurs déchets ménagers ou industriels sur des dépôts sauvages au bord des routes et des autoroutes, pour environ la moitié des déchets ramassés ;
- de l’incivilité des usagers qui jettent par la fenêtre de leur véhicule, pour environ 1/5 ème des déchets ;
- du nettoyage de terrains illégalement occupés, pour environ un tiers des déchets.

Cette situation peut mettre en cause les conditions de sécurité des usagers. En effet les dépôts sauvages empêchent la circulation des services de secours, des forces de l’ordre et des agents de la DiRIF sur certaines voies de service, retardant leurs interventions d’urgence auprès des usagers. De plus l’accumulation de déchets courants (bouteilles, emballages, etc.) empêche parfois l’évacuation des eaux de pluie et provoque des inondations sur la chaussée.

Cette situation dégrade également l’environnement et le cadre de vie des Franciliens, qui passent tous les jours devant les déchets et qui habitent parfois à proximité d’un dépôt sauvage.

Cette situation dégrade enfin l’image de la France aux yeux des nombreux visiteurs qui découvrent notre pays et sa capitale, notamment en arrivant par les autoroutes depuis les aéroports de la région.

Pour faire face à cette situation, l’État multiplie les actions pour la propreté des routes.

Une mobilisation sans précédent pour le nettoyage des autoroutes et routes nationales

Après avoir réalisé en urgence plusieurs campagnes ponctuelles de « rattrapage » fin 2015 et courant 2016, liées à la COP21, puis à la candidature aux JOP 2024 et à l’Euro 2016, la DiRIF s’inscrit depuis 2017 dans une politique renforcée et pérenne de nettoyage des autoroutes et routes nationales franciliennes.

À ce titre, la DiRIF organise chaque année des campagnes complètes de nettoyage des chaussées et de leurs abords sur les autoroutes et routes nationales qui sont les plus exposées aux déchets, avec un niveau de service autoroutier adapté aux situations :

  • 3 nettoyages par an des axes reliant les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle (autoroute A1) et Paris-Orly (A6a, A6b, A106) au boulevard périphérique.
  • 2 nettoyages par an des axes situés à l’intérieure de l’A86 (comprise).
  • 1 nettoyage par an des axes situés à l’extérieur de l’A86.

Dans le cadre d’une convention avec la Région Île-de-France, l’État s’est engagé sur la qualité de service en matière d’entretien et d’exploitation des autoroutes et routes nationales franciliennes.

Ainsi, à fin juillet 2019, les équipes de la DiRIF ont effectué 170 opérations de nettoyage des autoroutes et routes nationales franciliennes, soit plus de 30 opérations de nettoyage par mois. Ces opérations ont déjà permis d’évacuer environ 15 000 tonnes de déchets.

Pour mener ces campagnes de nettoyage, l’État mobilise chaque année plus de 12 millions d’euros, soit plus de 10 % des crédits annuels d’entretien de nos infrastructures. Ces moyens ont été multipliés par 5 depuis 2013, montrant la mobilisation pleine et entière de l’État face à l’ampleur croissante des incivilités.

Le nettoyage des autoroutes et routes nationales francilienne, des opérations sous contraintes fortes
 
La programmation de ces opérations de nettoyage est délicate, du fait des contraintes de sécurité et d’exploitation pour les interventions sur les autoroutes de la région :
 
ce type d’opération ne peut se faire que sous fermeture nocturne pour assurer la sécurité des usagers et des intervenants sur la route ;
 
le nombre de nuits disponibles pour de telles fermetures est restreint afin d’éviter autant que possible de pénaliser les usagers dans leurs déplacements, et ce même en regroupant l’ensemble des travaux réalisables à l’occasion de ces fermetures ;
 
les fermetures nocturnes ne peuvent intervenir qu’entre 22h et 5h pour éviter les heures de pointe du soir et du matin, et incluent les temps nécessaire au balisage puis débalisage, ce qui ne laisse que 4 à 5 heures pour la conduite des opérations.
 
Ces contraintes de sécurité et d’exploitation rendent difficile l’augmentation significative des fréquences de nettoyage des autoroutes et routes nationales en Île-de-France.

Dissuasion dans les zones nettoyées

Au-delà des campagnes de nettoyage, la DiRIF met en œuvre des actions préventives et dissuasives afin d’empêcher ou de rendre très difficile physiquement le dépôt de déchets, en renforçant le clôturage des abords de la route, ou encore en condamnant l’accès à certains espaces. Il s’agit par exemple :

  • de modeler les terrains avec des blocs béton enterrés dans les anciennes zones de dépôts sauvages ;
  • de réparer ou de créer des glissières de sécurité pour empêcher l’accès des véhicules depuis l’autoroute vers les zones de dépôt sauvage ;
  • de mettre en place des clôtures pour empêcher l’accès depuis les abords de l’autoroute.

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Évacuation des déchets et modelage du terrain sur une bretelle de l’autoroute A1à Saint-Denis en 2015,et la même bretelle2 ans après.

Sensibilisation des citoyens, les premiers acteurs de la propreté des routes

Un engagement plus volontariste des usagers et des citoyens dans la propreté des routes en Île-de-France est indispensable : les citoyens sont les premiers acteurs de la propreté des routes ! Afin de renforcer leur sensibilité à cet enjeu, la DiRIF a lancé en 2015 une campagne de sensibilisation dont le parti pris est celui du parler franc, avec deux accroches courtes et complémentaires qui interpellent le citoyen pour responsabiliser : « Vous faites ça chez vous ? » et « La route n’est pas une poubelle ! ».

Une soixantaine de panneaux 4 m x 3 m ont été implantés le long des routes et autoroutes franciliennes, en ciblant particulièrement des secteurs plus marqués par les incivilités des usagers de la route ou les dépôts illicites de déchets. L’objectif est de maintenir les routes propres en Île-de-France, en rappelant que la propreté des routes franciliennes relève d’abord du comportement de chacun.

Plus récemment des panneaux informant qu’il est interdit de déposer des déchets et rappelant les sanctions correspondantes ont également été posés sur d’anciens sites de dépôts illicites de déchets évacués par les services de l’État.

Partenariats avec les collectivités locales

En complément de ses actions, la DiRIF s’engage de plus en plus dans des partenariats avec des municipalités qui souhaitent aller au-delà du niveau de service autoroutier sur les bretelles desservant leur commune ou qui promeuvent localement des « campagnes citoyennes de nettoyage ». Avec ces partenariats, la DiRIF met à disposition sur le terrain ses moyens humains ou techniques, afin de faciliter le bon déroulement de ces opérations et en assurer la sécurité.

Crédits photos : DiRIF, Grégoire Crétinon.