Contournement Est de Roissy : un projet routier qui prend en compte la biodiversité
Un projet collectif et un investissement durable pour préserver les équilibres écologiques du territoire
Ces espaces, d’abord identifiés, préservés et aménagés via le budget attaché à l’opération du CER, sont désormais dotés d’un financement supplémentaire de 6 millions d’euros (apportés à parts égales par l’État et la Région Île-de-France). Ce montant, mobilisé pour assurer la gestion et le suivi de ces mesures dans la durée, porte le coût global de l’opération à 246 millions d’euros.
La réussite de cette démarche repose également sur la mobilisation de nombreux partenaires institutionnels et associatifs : la Région Île-de-France, Aéroports de Paris (ADP), la Communauté d’agglomération Roissy Pays de France, le Syndicat intercommunal du Bassin de la Haute et de la Basse Beuvronne (SIBHBB), la société ECT ainsi que des associations de protection de la nature, parmi lesquelles la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et La Luciole Vairoise.
Dans un souci de transparence, la DiRIF réunit chaque année un comité de suivi associant services de l’État, collectivités, gestionnaires d’espaces naturels et associations environnementales. Ce rendez-vous permet de présenter les résultats des suivis écologiques et d’échanger sur les actions à venir.
Un chantier placé sous surveillance écologique
Durant toute la phase de travaux, la protection de l’environnement a constitué une priorité majeure.
Les entreprises intervenant sur le chantier ont dû respecter un cahier des charges particulièrement exigeant intégrant de nombreuses prescriptions environnementales. Des écologues, mandatés par la DiRIF mais indépendants, ont assuré une présence régulière sur le terrain afin de contrôler le respect des engagements pris par l’État et d’évaluer l’efficacité des mesures mises en œuvre.
Le calendrier des travaux a notamment été adapté aux périodes sensibles de reproduction et de déplacement des espèces. Des opérations de sauvegarde d’amphibiens ont également été menées et des dispositifs spécifiques ont permis de prévenir les risques de pollution liés au chantier.
Des mesures environnementales intégrées lors de la conception du projet
Dès 2017, la DiRIF a lancé un vaste diagnostic faune-flore-habitats sur l’ensemble du territoire concerné. Ces études ont permis d’identifier les espèces présentes ainsi que les principaux enjeux écologiques.
À l’issue d’un important travail d’analyse et de concertation, le projet a obtenu en 2019 une autorisation environnementale assortie de 32 mesures destinées à éviter, réduire ou compenser les impacts sur les milieux naturels.
Ces dispositions concernent notamment la protection d’espèces patrimoniales, la restauration d’habitats naturels et le maintien des continuités écologiques qui traversent la Plaine de France.
Des compensations pour les espèces protégées
Avant même le début des travaux, plusieurs opérations de compensation écologique ont été réalisées. Parmi elles figure la création d’une nouvelle zone humide à Claye-Souilly (77), destinée à accueillir près de 700 crapauds communs déplacés depuis une zone impactée par le projet.
Un habitat spécifique a également été aménagé pour l’Œdicnème criard, un oiseau migrateur protégé particulièrement rare en Île-de-France, souffrant de la destruction de son habitat en raison des pratiques agricoles intensives et de l’urbanisation. Appréciant les milieux ouverts, secs et peu végétalisés, plusieurs actions ont été engagées pour que cette espèce bénéficie de conditions favorables à son développement. La plus récente, en mars 2026, a consisté à valoriser une zone de délaissé (0,8 ha environ) par l’apport d’un mélange minéral calcaire.
Une compensation forestière de 10 hectares a par ailleurs été créée à Pontault-Combault (77) afin de compenser les surfaces boisées concernées par le projet.
Enfin, plusieurs anciennes voiries devenues inutiles ont été désartificialisées et renaturées. Certaines de ces zones ont été consacrées à la restauration d’habitats favorables à l’Écaille marbrée rouge, un papillon protégé observé sur le secteur. Ces mesures font l’objet de suivi et de mesures concrètes d’amélioration depuis leur création.
Près de 77 hectares de prairies préservées ou recréées
Aujourd’hui, la DiRIF assure la gestion de près de 77 hectares de milieux prairiaux aux abords du CER. Ces espaces herbacés, devenus rares à l’échelle régionale, constituent des réservoirs de biodiversité particulièrement précieux. Ils accueillent de nombreuses espèces végétales et animales en régression, notamment des oiseaux de plaine et des insectes comme le Grillon d’Italie.
Les aménagements réalisés favorisent également le maintien d’espèces protégées telles que l’Œdicnème criard ou l’Écaille marbrée rouge, et tout le cortège d’espèces lié à ces milieux, notamment les oiseaux, tout en renforçant les connexions écologiques entre les différents habitats naturels du territoire.
L’objectif est double : préserver les continuités écologiques de la Plaine de France et consolider la grande trame prairiale située au nord de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle.
Des haies et massifs pour recréer des habitats naturels
Dans le cadre des mesures de restauration écologique mises en œuvre sur le CER, des aménagements paysagers ont été réalisés afin de recréer des habitats favorables à la biodiversité. Au total, près de 22 000 arbustes ont été plantés, comprenant notamment des essences locales telles que le Fusain d’Europe, le Charme commun, le Genêt à balais.
Une attention particulière a été portée à la protection de l’avifaune : des massifs arbustifs spécifiques, en bord d’autoroute, ont été implantés pour limiter les risques de collision des oiseaux. Leur localisation a été définie en collaboration avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) afin de garantir leur efficacité vis-à-vis des enjeux ornithologiques du site.
Un engagement environnemental sur trente ans
L’ouverture de l’infrastructure ne marque pas la fin de l’engagement environnemental. Au contraire, jusqu’en 2053, la DiRIF poursuivra l’entretien, la surveillance et l’amélioration de l’ensemble des sites de compensation et de restauration écologique. Des inventaires réguliers permettront d’évaluer l’évolution des espèces et des habitats. Si nécessaire, des actions correctives seront engagées afin de garantir l’efficacité des mesures dans le temps.
Certaines zones, notamment les friches prairiales les plus sensibles, demeurent interdites au public afin de préserver leur richesse écologique. Des panneaux de mise en garde rappellent également les enjeux environnementaux présents sur ces espaces protégés. Chaque zone est équipée d’un panneau technique de gestion écologique rappelant les objectifs de conservation, les espèces ciblées et les modalités d’entretien à respecter pour les zones présentant un enjeu fort de biodiversité.
La majorité des terrains concernés se situe à proximité immédiate du projet, notamment sur des parcelles appartenant au groupe ADP mises à disposition dans le cadre de conventions spécifiques permettant leur gestion écologique.